Lui l’homme souterrain

Béatrice MALEVILLE

Je n’ai jamais rencontré Michel Piccoli.
Simplement dès mes quatorze ans, coutumière des salles obscures, j’ai toujours pioché, volé des êtres-acteurs à ces films qui m’aidaient à vivre.
Je me suis constitué une famille secrète et fantasmée. Michel Piccoli est devenu l’oncle, le père, l’amant impossible, l’homme irrésistible. Réconfortant mais aussi ambigu ou parfois inquiétant. L’homme qui m’offrait tous les hommes. Alors aujourd’hui rendre hommage à cette ombre protectrice. L’écrire au présent comme un journal de bord.

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Les chroniques de Lee Ham

Lui l’homme souterrain – Béatrice Maleville – 2020

Chronique du 10/02/2020

C’est connu. Les enfants ont souvent des amis imaginaires. Parfois, les adultes aussi. Pour notre héroïne, il s’agit d’un acteur. Il s’agit de Michel Piccoli. Il est l’homme de l’ombre. L’homme de SON ombre. Il est celui qui hante ses rêves éveillés. Son quotidien.

Lui, l’homme souterrain est, dans la vie d’une femme, la partie ensevelie au fond d’elle-même. L’histoire d’une rencontre improbale, fantasmée, entre un rêve secret et une réalité fantasque. La réalité tronquée d’une femme-groupie. La réalité lui fait-il si peur? Puis vint l’irréalité de la rencontre. Fantasmée. Crainte. Embellie? Vint le moment de la discussion unilatérale. De la complicité tacite supposée. Peu à peu, deux vies, deux réalités fusionnent. Deux réalités s’enlacent. Où se trouve la limite de la réalité? Où est le début du rêve?

Lui l’homme souterrain ressemble à une fuite en avant  qui n’en est pas une. La lecture est agréable. J’ai aimé cette complicité quasi muette de Michel Piccoli. Une complicité tacite entre une groupie et l’objet de son adoration. Est-ce la limite de la folie? La force du fantasme? Un homme est quasi déifié par une inconnue qui l’immisce dans sa vie. Qui se glisse dans la sienne. Pourquoi? Pour combien de temps? Attention au bon sens qui peu s’en aller à pas de loup.

Note 17/20